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6 janvier 2017

Les fêtes

Fig 1. Look casual esprit de noël
Ce serait mentir que de dire que ces premières fêtes sans mon ex n'ont pas été plus compliquées que les autres.

Je ne parle pas des vacances en général, car mes parents ont l'habitude de me voir glander en pyjama toute la journée et glandouiller sur l'ordi des heures durant (#décompression).

Mais pour Noël on a l'habitude de recevoir la famille proche (et moins proche) pendant plusieurs jours, et outre la quantité phénoménale de boulot que ça demande quand on reçoit une trentaine d'adultes à manger, il a fallu y ajouter toute l'énergie pour faire bonne figure et montrer que "ça va!" avec un grand sourire.

Sauf que la maison de mes parents c'est un labyrinthe piégeux, remplis de souvenirs tendres et (il faut l'avouer) encore un poil douloureux.

Comme je vous l'expliquais ici il y'a plusieurs mois, j'ai l'impression que la rupture consiste en une longue succession de "lâcher prise", et en gros, quand je rentre dans cette ville où l'on s'est rencontrés il y'a 16 ans, c'est un peu plus compliqué que le reste du temps.

On a traîné dans ces rues, dans les pièces de cette maison tellement de fois que je croise son esprit malin derrière chaque porte de chambre ou de placard. Il est devenu le vilain fantôme que j'ai toujours craint de rencontrer dans cette immense et vieille baraque.

Fig 2. Bienvenue au club
Il faut aussi dire qu'hormis mon grand père, il n'y avait que des couples chez nous pendant les fêtes. Je crois que lui et moi on avait un peu de mal. Mon grand père il me parle souvent de son passé, de ses souvenirs avec ma grand mère. C'est drôle parce que toute ma vie j'ai eu l'impression que mes grands parents n'étaient pas si heureux ensemble.

Ma mamie avait le même caractère de chien que mon père (et moi), et ils s'envoyaient gentiment bouler à longueur de repas de famille. Mais depuis qu'elle est tombée malade puis décédée, j'ai réalisé tout l'amour qu'il y avait entre eux et que j'avais occulté pendant des années avec mes a priori.

J'aime bien l'écouter raconter, mon grand père, j'ai l'impression qu'il a vécu tellement de vies différentes qu'il ne radote presque jamais. Souvent il s'inquiète de savoir comment je vais, si ça se passe bien au boulot, si je suis heureuse à l'autre bout de la France.

Fig 3. En vrai mon papy il a pas de lunettes
J'aime pas qu'il s'inquiète, mon grand père, du coup j'insiste toujours sur les bons côtés, je positive et change gentiment de sujet si celui-ci est un peu sensible. Je lui raconte jamais rien de trop trop personnel.

J'ai mis près d'un mois cet été à lui avouer que je m'étais séparée, parce qu'il ne comprenait déjà pas que je puisse partir en vacances sans mon ex aussi souvent (et sans lui écrire de lettre tous les jours) alors une rupture définitive ça devait lui sembler inconcevable.

Mon ex aimait beaucoup mes grands parents et c'était réciproque. Il rigolait toujours aux blagues de mon papy et se resservait 3 fois de la purée de ma grand mère.

Des fois ça me rend un peu triste de me dire que c'est le seul de mes copains qui aura eu la chance de les connaître tous les deux.

Dimanche dernier, mon grand père m'a demandé, tout désolé, si c'était vraiment fini avec mon ex. Je crois en fait que ça m'a plus touchée qu'attristée, que pour une fois il m'interroge sur un sujet aussi personnel. Alors j'ai pris une grande inspiration et j'ai répondu :

"Oui. Mais ça va"

30 décembre 2016

Histoire de bague

Depuis petite, je n'ai jamais supportée une bague à mon doigt plus de deux heures.

Je ne sais plus trop si je vous en avais parlé, mais peu après nous être mis en couple, alors qu'on avait 17 ans, mon ex avait rompu avec moi pour d'obscures raisons (au léger strabisme et bonnet E)... Il lui avait fallu une dizaine de jours pour se rendre compte que j'étais finalement la femme de sa vie (et une dizaine d'année pour réaliser qu'en fait non!) et reprendre notre histoire là où nous l'avions laissée.

Fig 1. C'était plutôt un strabisme convergent

Quelques semaines après cet épisode orageux, et alors que j'étais entrain de lui servir du jus d'orange dans la cuisine de mes parents (non mais hier c'était pas un fake quand je vous disais que je me rappelais de tout!), il m'a offert une jolie bague en or blanc avec un mini truc qui brille (qui devait plus tenir du strass que du diamant étant donné son budget de lycéen) pour me faire plaisir et sûrement alléger un peu sa conscience.

Je ne l'ai plus quitté dès lors. Passés les trois premiers jours où j'avais la sensation pesante de ce truc en plus un peu gênant, c'était comme si je l'avais toujours eu. Je la gardais pour me laver, dormir, aller à la piscine, travailler. Elle a été de tous mes voyages, de toutes mes plongées, mes virées au ski, mes courses dans la boue (je vous rassure, ce n'est pas si fréquent).

Fig 2. Moi qui pleure encore un peu mais
qui vais quand même avoir une autre bague
donc en vrai ça va déjà beaucoup mieux !
Je l'avais enlevée lors de nos premières vacances en Bretagne juste avant mes 18 ans et pour une raison qui m'échappe encore, elle avait glissé de ma table de chevet et impossible de remettre la main dessus des heures durant.

Alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps en invoquant Saint Antoine de Padoue, mon ex s'était proposé de m'en offrir une autre.

" Snfff..fnfnnf..d'ac..d'accord... mais une pas trop chère alors... parce que tu vas pas exploser ton budget alors que c'est moi qui l'ai perdue...bouhouhou (oui quand je pleure je suis inconsolable!)

- Non je t'en offrirai une encore plus belle, comme ça tu ne regretteras jamais l'ancienne !"


Finalement le soir même la bague avait été retrouvée dans une chemise en papier au fond de mon sac. Le mystère table de chevet-chemise en papier reste encore entier à ce jour (mais promis, s'il y a des avancées dans l'enquête, je vous tiendrai au courant).

Elle a donc passé l'essentiel des neufs années qui ont suivi à mon annulaire, l'enlevant uniquement pour besoins impérieux style "malaxage de viande hâchée à la main" (quoi ? vous avez jamais cuisiné de couscous ?). L'or blanc avait finir par redevenir jaune avec le temps et la vie trépidante que je lui imposais.

Mon ex n'avait jamais voulu m'en offrir d'autres à cause de la "connotation" et des projections que j'y ferais (comprendre "tu me soûles meuf avec tes idées de mariage").

Bon bien entendu, une fois la rupture consommée, la question de la bague s'est posée. Au début j'avais plein d'arguments pour la garder au doigt :

Fig 3. C'était pas marqué dessus
mais c'était tout comme...
"Non mais elle fait partie de moi, je m'en fous de qui me l'a offerte" "Je la porte parce qu'elle est jolie et qu'elle va bien avec mes boucles d'oreille" "Je la garde juste pour vérifier que je bronze bien quand je l'enlève".

Je ne sais pas s'il y avait un fond de vérité dans aucune de ces affirmations..

J'ai passé tout l'été avec. Une fois rentrée sur Paris, et les premières hostilités lancées avec mon ex, j'ai rapidement décidé de l'enlever parce qu'officiellement je me mentais à moi même (et qu'officieusement j'espérais qu'il remarque que je ne la portais plus et que ça lui pince le coeur. Plic.).

Je pensais me réhabituer rapidement à la nudité obscène de ma main. Les jours, les semaines, les mois ont passé, et j'avais toujours l'impression de ce membre fantôme. Je me surprenais à essayer de jouer avec et à m'étonner de son absence, à chaque fois.
Fig 4. I'm often a big crying baby

Bref, je commençais à envisager l'idée de m'acheter ma propre bague, en mode girl-power / JE est mon maître / je n'ai besoin de personne en harley davidson. Et hier soir, alors que je venais de réaliser pour la 3ème fois de la journée que ma bague n'avait pas miraculeusement réapparue comme ça avait pourtant été le cas en Bretagne, j'ai décidé de me plaindre à ma mère (ma seconde passion pendant les vacances de noël après manger).

"Ma bague me manque faut que je m'en achète une mais je trouve rien qui me plaise la vie est trop nulleuhhhh"

Je vous jure que pour une fois, je disais ça sans arrière pensées.

Ce matin à mon réveil, ma maman avait descendue sa vieille boîte à bijoux, avec toutes les bagues de sa maman à elle. Et parmi tous les trésors qu'elle contenait, je suis tombée en amour devant la bague avec laquelle mon grand père lui avait demandé sa main à ma grand mère. La bague grâce à laquelle j'écris ces mots ici ce soir. La bague qu'aucun garçon ne pourra me faire enlever.

La vie est trop chouette en fait quand on a une mère comme la mienne (et une bague aussi belle).

....


(Ok ok je vous la montre puisque vous insistez !)
Fig 5. Lord of the ring

12 août 2016

Comment l'annoncer aux proches

En en reparlant hier avec mes copines, je crois que je compile les annonces de rupture les plus merdiques de la planète. En relisant mes messages, je me suis rendu compte qu'aucune ne se ressemble, je vais vous faire un petit récapitulatif chronologique pour bien se rendre compte du caractère évolutif de la chose.

1. Le message écrit en direct live de la rupture (genre j'avais que ça à faire!)



1. Fig 1 : Le timing parfait

Il intervient en plein milieu d'une discussion banale où tu étais entrain de dire à ta copine que peut être tu allais venir chez elle, mais qu'il fallait que tu en discutes avec l'homme pour voir s'il ne voulait pas plutôt profiter du caractère férié de ce jour pour aller cueillir des fraises (anecdote véridique!) parce qu'en ce moment tu sens bien qu'il est distant et que tu aimerais passer un peu de temps avec lui pour essayer d'arranger les choses.

Après deux ou trois sms échangés "je te dirai plus tard" "je vais courir" et la copine ayant un sixième sens pour comprendre que c'était plus violent que ça "tu viens chez moi! tout de suite!", l'annonce s'est faite avec le package complet morve/larmes/bégaiement (comme je vous le racontais ici), sur son canapé kingsize devant une tasse de thé qu'elle avait délicatement préparée en prévision du déluge.

Pourcentage de compréhensibilité : 8%
Pourcentage d'inquiétude du proche : 91%
Pourcentage de véracité : 100%
Pertinence du timing : 1/10
Termes utilisés : "C'est la merde"





2. Le message écrit 3 épisodes d'OITNB après la rupture


Fig 2. La règle des 15 minutes aurait du s'appliquer ici aussi
Alors je veux bien croire que la télévision ça rend con, parce qu'après 3h de programme j'avais le cerveau tout endormi et l'impression que finalement, la rupture, je la gérais plutôt bien.

Cette annonce est merdique parce que réalisée sur la messagerie d'un grand réseau social, et que la technologie a des failles...

Ma copine a mis plus de 4 jours à recevoir mes messages, ce qui m'a rendu totalement paranoïaque au point de me dire "non mais en fait il m'a plaqué pour se mettre avec elle c'est sûr !!!".  Sur les conseils lucides de mon petit frère "non mais tu débloques complètement" je lui ai finalement envoyé un pigeon voyageur (moyen bien plus sûr) et mis fin au suspense insoutenable (soit elle me fait cocu, soit elle me déteste).

Pourcentage de compréhensibilité : 100%
Pourcentage d'inquiétude du proche : 55%
Pourcentage de véracité : 0 à 50 %
Pertinence du timing : 80%
Termes utilisés : "a rompu avec moi"




3. Le message écrit à J+1 

Fig 3. Transcription de la crise cardiaque en signes de ponctuation

Alors là j'ai adopté la technique du "j'en dis le plus possible dans un message pour pas avoir besoin de m'expliquer 3h après".  Le "voilaaaaa" qui termine ce message prouve bien que l'individu a tout dit et qu'il n'y a rien à ajouter (je comptais probablement m'enchaîner de nouveau 3 épisodes de ma série).

On imagine l'émotion de la "super copine exilée" qui voulait juste faire un tour sur Facebook pour se détendre en plein milieu de sa garde d'ados en rut et se retrouve avec un message atomique qui lui explose en pleine face.


Pourcentage de compréhensibilité : 110%
Pourcentage d'inquiétude du proche : 62%
Pourcentage de véracité : 89%
Pertinence du timing : 65%
Termes utilisés : "m'a quitté"




4. Le message écrit à J+2

Fig 4. Ca te dirait un cinoch avec ta larguée de soeur ?

Alors oui je sais ce n'est pas bien d'utiliser sa nouvelle situation de femme larguée pour essayer d'abuser de la gentillesse de ses proches.

Mais mon petit frère, même s'il est toujours "overbooké", il a un côté "la famille, c'est sacré" sur lequel je sais que je peux compter.

Et puis bon là j'avais juste trop envie d'aller au cinéma quoi.

Je sais c'est mal.

Mais bon dans tous les cas il fallait que je lui dise hein.

Pourcentage de compréhensibilité : 85%
Pourcentage d'inquiétude du proche : 48%
Pourcentage de véracité : 35%
Pertinence du timing : 5 à 95%
Termes utilisés : "a décidé de mettre un terme à notre union"




5. Le message écrit à J+4

Fig 5. Promotion sur les annonces groupées

Dit aussi "l'annonce de la dernière chance". Oui parce que quatre jours, ça commence à faire long pour des proches vraiment proches.  Tu n'as toujours pas envie de faire part de la nouvelle au monde entier (pour les raisons déjà évoquées ici) mais tu te vois mal envoyer à ton frère "coucou, on a rompu y'a 6 mois".

On note le caractère euphorique transitoire de la fille qui pensait avoir passé le plus dur (débutante...) et qui essaye de faire de l'humour pour dédramatiser la situation.

Et comme ton frère et ta belle soeur sont complètement fusionnels et que tu ne sais plus trop au final de qui tu es le plus proche, tu envoies un message groupé d'une pierre deux coups (pratique!).

Pourcentage de compréhensibilité : 92%
Pourcentage d'inquiétude du proche : 30 à 75%
Pourcentage de véracité : 8%
Pertinence du timing : 15%
Termes utilisés : "m'a quitté"

6. Les inqualifiables


Pour terminer en beauté cette article je vais vous livre deux dernières anecdotes toute autant magnifiques que les cinq premières...

Tout d'abord l'annonce aux parents. 24h après, le temps de digérer les hors d'oeuvres. Le 15 juillet donc, jour de deuil national où la France s'est réveillée en apprenant qu'un abruti radicalisé avait décidé d'anéantir les festivités du 14 juillet à Nice.

Dialogue surréaliste entre ma mère (dépitée des attentats) et moi (déconnectée des dernières 24h) :
" Allo Maman
- Allo.. ça va ?
- Ben... pas trop..
- Moi non plus... on est tous secoués par cette histoire tu sais..
- ... ??? R. vous a déjà appelé ??
- ...!  R ?? Non ! pourquoi ?? "

Fig 6. "La maman des poissons elle est bien gentille"


(Je pense que niveau pourcentage de compréhensibilité on frôlait les -10%)


Et la dernière annonce, last but not least, c'est l'annonce par message groupé au reste des copines. Où j'ai envoyé malencontreusement le message sans avoir terminé de l'écrire. Où je l'ai effacé tout de suite en me disant "ouf, personne ne l'a vu, je vais pouvoir le réécrire tranquillement". Où mes copines avaient vraisemblablement reçu des notifications avec le début du message tronqué ce qui a engendré un flux de messages oscillant entre "désolée" et "j'ai pas reçu qu'est ce qui se passe??" alors que j'essayais tant bien que mal de le réécrire.

Je vous passerai l'annonce à mon grand père que je n'ai toujours pas réussi à formuler alors que je l'ai revu 3 fois depuis. Et ma cousine que je ghoste depuis 4 semaines parce que je n'ai pas envie de lui dire.

Voilàààààà.










10 août 2016

Qui suis-je ?

Fig 1. Legen...wait for it...dary!
Je ne sais pas si c'est par soucis d'anonymat ou tout simplement parce que je considérais qu'à part mon histoire de rupture je n'avais pas grand chose d'intéressant à apporter (ces deux considérations n'ayant pas franchement évolué) mais je réalise que je ne vous ai quasiment rien raconté de moi et de ma vie pré-rupture (alors que vous savez quasiment tout de ma survie post apocalyptique). Bref, à la base, je suis quand même une fille avant d'être une ex-petite-amie, donc aujourd'hui je vais essayer de vous parler un chouya de moi  (je trouve le timing parfait après la publication du dernier article où je promet d'être moins égocentrique mais bon vous êtes au courant de ma schizophrénie).

Je suis née il y a 26 ans et 10 mois dans le sud de la France, seule midinette d'une fratrie de trois enfants (mais j'ai pas du trop dégoûter mes frangins qui sont aujourd'hui casés et féministes!). Je suis une fille à papa (et maman, pas de jaloux) au point de travailler comme eux dans le domaine médical, d'avoir les mêmes talents culinaires que ma mère (oui je fais mes propres bûches de Noël!) et le caractère de chien de mon père (il a jamais aimé les chats de toutes façons).

J'ai fait de la gym, du judo, du ski, de la plongée mais aujourd'hui à part la course je mène une vie tout à fait sédentaire. J'ai un boulot plutôt prenant que je viens de larguer sans regret (après deux ans à m'auto persuader qu'il était pas si pourri...). La vie professionnelle m'a instantanément soûlé dès la fin de mes études et j'ai repris la fac l'an dernier pour me spécialiser dans les soins des petits n'enfants (et promis ce n'est pas uniquement pour poster des perles sur Facebook). Je commence en parallèle une formation d'anglais medical à la rentrée parce qu' on a j'ai des projets d'expatriation.


Fig 2. Je vous jure que cette image est autobiographique
J'ai des ami(e)s super chouettes qui ne me tiennent pas (trop) rigueur de mon état actuel de boulet incrusté (je me rattrape en participant des marathons parties de Scrabble). J'ai quitté la "province" (je risque de briser un mythe pour certain, mais il n'y a que les parisiens qui parlent de "province" en France) il y a 3 ans déjà pour monter sur Paris où monsieur a pu étudier "en Sorbonne" (oui c'est moche mais c'est comme ça que ça se dit). Moi j'ai rejoins les déserts du 93 pour me sentir utile à la société (puis soigner du parigot toute la journée non merci!). Il me reste encore un an (à tirer) avant de terminer mes différentes formations (et de m'envoler vers d'autres cieux.. ou pas..)en attendant je continue de commander des chocolatines (dans des poches!) au boulanger du coin.

Je pense que ça suffit pour cet élan de narcissisme assumé, je m'excuse d'avance si c'était long et indigeste mais aujourd'hui j'avais envie de parler de moi autrement qu'à travers le prisme de la rupture qui n'est pas (et ne doit pas être) la seule chose qui me caractérise (#femmelibérée). 


Fig 3. Penelope Bagieu je l'aime d'amour <3


Je reviens demain avec le bilan des quatre semaines (que vous attendez tous avec une impatience non dissimulée vus les centaines de commentaires que je reçois !). Bonne journée :-)


2 août 2016

Le départ (en vacances)

Fig 1. Illustration de qualité
Voilà, j'ai quitté notre appartement pour rejoindre mes parents chez mon frère sur Vienne. J'attends patiemment que le panneau d'affichage se décide à m'indiquer sur quel fauteuil près de quelle porte je dois asseoir mon royal fessier. Et pour parfaire le cliché, je suis entrain de manger un sandwitch triangle qui doit être de qualité très supérieure étant donné qu'il m'a coûté environ deux bras et un rein.

Jusqu'à 10 minutes avant mon départ de l'appartement, je réalisais pas ce que ce "départ" impliquait. Puis j'ai essuyé trois verres et plié une serviette et je me suis dit que punaise, c'était une des dernières fois que je mettais mon appart au propre. Que quand je reviendrai dans 4 semaines, il serait à moitié vide des affaires de monsieur (bon ok, plutôt au quart vide vu la bordélique accumulatrice de trucs que je suis!) et qu'il faudrait commencer à faire les cartons, poser le préavis de départ, trouver un nouvel appart, résilier edf et internet (et patati et patata toute la journée ça n'arrête pas on connait le refrain...).

Comme vous le savez si vous avez lu mon blog depuis le début, je traverse une sévère phase de schizophrénie au point où mes copines ne savent plus si je rigole ou si je pleure quand je les appelle de bon matin. Ce soir, dans le terminal 3 de l'aéroport, je dois gérer Leah l'énervée, Leah dépressive et Leah l'optismiste, autant vous dire que pour partager le siège de la compagnie low cost à trois ça va pas être de la tarte !

Leah l'énervée en veut (mais tellement!!!!) à monsieur l'ex de lui gâcher ses vacances, elle qui se faisait une joie à l'idée d'avoir enfin de vraies vacances (comprendre, qui durent plus de deux semaines), elle qui se faisait une joie à l'idée de quitter son boulot, elle qui se faisait une joie à l'idée de valider la première année de son diplôme, elle qui se fait plus aucune joie de rien tellement sa vie est devenue compliquée !

Leah la dépressive est à la limite de reprendre le RER dans l'autre sens pour rentrer chez elle et le supplier de revenir, qu'elle sera prête à se faire des jolies boucles tous les jours, qu'elle l'embêtera plus quand il oubliera les clés dans la serrure, qu'elle saura lui prouver que le couple ça peut être trop bien en fait et que l'amour ça triomphe de toutes les bêtises non ?

Et Leah l'optimiste qui a bien du mal à faire entendre sa voix tellement la furax gueule comme un putois et la malheureuse mouche comme un canard (oui il faut m'entendre me moucher pour le croire! Mes parents ont pas pris l'option discrétion à la naissance). Qui essaye de dire aux deux autres avec sa petite voix que quand même, on a pas le droit d'être triste quand on part en vacances, pas le droit de s'énerver quand on a autant de gens qui prennent soin de nous au quotidien, et que flûte de zut la vie ne s'arrête pas à un garçon et qu'on peut pas se proclamer féministe à longueur de journée et être dépendante à ce point d'un mec !

Je les laisse débattre encore un peu en finissant ma bouteille d'eau à 18€ puis faudra bien qu'elles se décident, parce que y'aura pas la place pour 15 personnes dans cet avion...

Fig 2. On est plusieurs dans ma tête

20 juillet 2016

La perruche et le pigeon

                 

Fig 1. Autoportrait de face
Situons les personnages déjà : le pigeon dans l'histoire (vous l'avez bien compris si vous suivez ce blog depuis le début) c'est moi. La perruche... ben c'est une perruche, une vraie.

Le pigeon a deux frères. Un grand et un petit. Il aime bien discuter avec le grand et gâter le petit (mais l'inverse est vrai également). Le grand frère est marié et habite à plusieurs milliers de kilomètre à vol d'oiseau (heureusement les avions volent plus vite que les pigeons). Le petit frère est amoureux, et son amoureuse habite à moins de 2km du pigeonnier.

Lundi soir, le pigeon et son petit frère sont au restaurant. Ils sont allés au cinéma juste avant voir un film plein d'eau et de tendres baisers. Le petit frère reçoit un message. Son amoureuse est effondrée, sa perruche vient de s'envoler. Sa colocataire a voulu lui faire goûter l'air frais de la terrasse sans penser à vérifier que la porte de la cage était bien fermée. La perruche ne s'est pas faite priée et voilà qu'elle s'est évanouie dans le ciel parisien. Huit ans     de souvenirs qui s'envolent avec elle.

Le pigeon essaye d'aider comme il peut. Il imprime des affiches, donne des conseils. Le petit frère s'en va, laissant le pigeon a ses élucubrations nocturnes. Puis il se dit que ça a assez duré, et qu'il faut qu'il annonce sa rupture au grand frère, qui n'est toujours pas au courant 4 jours après. Le communiqué officiel délivré, il essaie de changer de sujet et évoque la perruche disparue. Le grand frère est au courant, il a vu passé une annonce sur facebook. Le pigeon se dit qu'il ferait bien de partager cette annonce sur un groupe d'entraide entre voisins du quartier auquel il appartient.

Mardi, la journée est compliquée. Le travail est dense, la chaleur pesante, les gens sont tendus. Dans la voiture qui le ramène chez lui, le pigeon craque, se dit que ses bonnes résolutions ne servent à rien, que dès qu'il sera rentré il va appeler celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom et le supplier de revenir. Le pigeon sort du parking, attrape son téléphone pour commettre l'irréparable et...

Il voit qu'il a plusieurs notifications sur facebook (c'est un pigeon hi-tech). Il clique (parce qu'en plus d'être un pigeon connecté c'est un pigeon curieux), la page met un temps fou à charger, et soudain.. La perruche est là, elle la voit sur son téléphone. Elle s'est posée au bord de la fenêtre d'un voisin, qui faisait partie du groupe facebook de quartier, qui a vu passé l'annonce et l'a reconnue. Quelques heures avant, le même voisin avait montré l'annonce à plusieurs de ses amis en leur disant "les gens sont fous quand même, comme si c'était possible de retrouver une perruche disparue en plein Paris !".

Ce soir grâce à la perruche, le pigeon se sent un peu moins pigeon.

Fig 2. "Il n'y a que de façons de vivre sa vie. L'une c'est de penser que rien n'est miracle.
L'autre c'est de penser que tout est miracle"
                                         





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