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18 décembre 2016

Bordel

Fig 1. Mode d'emploi de mon cerveau
En ce moment ma vie c'est un énorme bordel. Je n'arrive plus à écrire car j'ai beaucoup de mal à démêler mes pensées, à différencier mes envies de mes fantasmes, mes déceptions réelles des factices, le bonheur du désespoir, les sentiments de leur absence. Des fois j'ai l'impression de ne plus rien ressentir. D'autres d'être dépassée par l'intensité de mes émotions. C'est le bordel en effet.


C'est fou à quel point une relation peut nous définir. En perdant mon ex, je me suis perdue. J'ai l'impression d'avoir tellement changé... Ma vie a changé, et je me retrouve à ressentir des émotions, positives ou négatives, que j'aurais abhorré il y a plusieurs mois. Et moi je dois gérer avec tout ça, alors qu'au fond, je suis peu ou prou la même personne qu'il y a 5 mois.


Des fois j'ai l'impression que c'était hier, souvent j'ai l'impression que c'était une autre vie. Et je me rends schizophrène, à combattre mes vieilles habitudes, à rejeter ces souvenirs trop tendres, à freiner mon imagination quand je me perds dans mes pensées.

C'est étrange de m'asseoir sur le même canapé, de mettre mes pieds sur la même table basse,  de regarder la même tv. Même le foot me manque. Je suis pas désespérée d'être seule, mais je me retrouve désemparée devant le bordel qu'est devenu ma vie. Je me suis embourbée dans une relation bancale, je traîne sur des sites de rencontre sans ambition aucune, j'ai aucune idée d'où j'en suis niveau ratio chemin parcouru/chemin à parcourir.
Fig 2. Plan de vie

Pourtant à côté j'ai tout ce dont j'ai toujours rêvé. Pour la première fois j'ai trouvé un boulot dans lequel je me sens vraiment bien et auquel je me rends sans la boule au ventre. J'ai des amis plus que parfaits qui ont un sixième sens pour sentir quand ça va pas et m'envoyer un snap, m'inviter manger une quiche ou me dire qu'ils m'aiment.

Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin. Le désespoir me lasse assez vite. Demain ira mieux.

9 novembre 2016

On ne change pas, on met juste les costumes d'autres sur soi (et voilààà)

Fig 1. Le mal

Ok j'avoue, le titre de cet article est complètement dû au fait que l’algorithme youtube (qui me connait si bien) vient de m'imposer cette chanson sur la super playlist basée sur mes goûts musicaux (du très très bon son donc si on me connaît bien).


Mais, signe du destin (ou pas), cette chanson c'est exactement l'opposé de ce que je voulais vous dire ce soir. J'ai vraiment l'impression d'avoir changé depuis le mois de juillet.


J'ai l'impression qu'en me coupant de mon ex, je me suis ouverte au reste du monde.


C'est peut être un peu parce que mon nouveau copain rigole beaucoup à mes blagues (et que du coup je songe à tout plaquer pour animer la matinale de rire&chanson), que mes copines m'ont fait 8000 compliments à la semaine les premiers temps pour essayer de combler ma blessure narcissique, que je suis redevenue la fifille à papa et maman tout l'été, que je reçois plein de messages adorables sur mon blog depuis près de 4 mois, mais en ce moment j'ai plutôt pas mal confiance en moi.

Fig 2. Anarchy in the mall

Je suis possiblement complètement désespérée et en manque de contact humain mais je prends plaisir à échanger des remarques anticapitalistes avec la caissière du BHV, à faire des blagues au vendeur mignon, à prendre des verres avec des gens perdus de vue depuis le lycée (et dieu sait que ça nous rajeunit pas tout ça dites donc!).

Avant je me considérais plutôt comme une fille timide. J'ai jamais eu peur de m'exprimer en public, mais à condition d'avoir des choses intelligentes à dire (parce qu'il faudrait pas non plus que le premier quidam venu puisse s'imaginer que je sois juste une fille un peu cruche non mais oh..).

Et comme je n'ai pas non plus tous les jours un QI de 250 (seulement quand je mange des space cakes en Hollande) ben des fois il s'écoule un temps fou avant qu'une pensée extra-lucide ne traverse mon esprit.


Mais depuis que je me suis faite larguée (et que j'ai démissionné), ma vie est un peu what-the-fuck. Je me dis que j'ai survécu à la plus grosse claque humaine de ma vie et que socialement parlant rien ne peut m'arriver de pire. Vous combinez ça à mon melon naissant et vous comprenez pourquoi en 2 mois j'ai plus échangé avec mon nouveau voisin qu'en 3 ans sur Paris.
 
Fig 3. CQFD

Il faut aussi avouer que je ne peux plus compter sur le capital sympathie de mon ex qui pouvait nous sortir de toute situation relationnelle compliquée avec son sens affiné de la rhétorique et une profonde indifférence pour le regard que les autres portaient sur lui.


Maintenant, c'est comme pour le repassage de mes tenues et la cuisson des coquillettes, je dois me débrouiller seule.


Et finalement, je me rends compte que je m'en sors pas trop mal.





6 novembre 2016

Des bas, des hauts, il y'en a partout ...

En ce moment j'ai vraiment l'impression d'être retournée à ce stade que j'avais adoré les premiers jours après la rupture (allez je suis sûre que ça vous avait aussi manqué), la schizophrénie.


Fig 1. CQFD

J'oscille entre des moments où je suis super heureuse et d'autres où j'ai l'impression que j'ai pas mérité toute cette tristesse et que la vie c'est vraiment dégueulasse quoi. Parfois je me sens tellement forte et indépendante que je me dis que je pourrais partir seule à l'autre bout du monde (où de l'autre côté de la Manche c'est déjà pas mal) et deux heures après j'ai l'impression que même m'occuper de mon chat c'est insurmontable.

Fig 2. Dessin périmé depuis le 29/02

Je sais qu'une relation de 9 ans ça s'oublie pas comme ça et qu'en devenant adulte avec mon ex j'ai peut être légèrement zappé la partie "t'apprends à vivre toute seule comme une grande sans papa/maman".

Je crois que j'ai tout fait à l'envers. Je me suis installée avec mon copain à l'âge où tous mes amis prenaient leurs premiers appartements seuls comme des grands.

Et maintenant je me retrouve solo alors que tout le monde s'installe, se marie ou fait des marmots.



J'ai toujours eu une putain de culpabilité de m'être mise en couple à 17 ans. Je pense que j'avais déjà des prédispositions à la schizophrénie. Quand j'intellectualisais ma relation, je me disais qu'elle était vouée à l'échec parce qu'on était trop jeunes, qu'un jour il on aurait envie de connaître d'autres personnes, d'avoir d'autres histoires d'amour, et qu'il aurait mieux valu qu'on attende quelques années de plus avant d'officialiser notre couple.

Pourtant j'étais bien. On était bien. Un jour j'en ai discuté avec une amie qui m'a dit qu'il fallait plutôt que je vois ça comme une chance, que c'était des années supplémentaires avec lui que la vie m'avait offertes, et qu'au lieu de refaire l'histoire 106 ans je ferais mieux d'en profiter parce que c'était comme ça et puis c'est tout.

Fig 3. Ok en vrai le quotidien ça ressemblait plus à ça

Aujourd'hui je ne regrette plus cette histoire. On s'est aimés à 17 ans, on a fait un bout de chemin ensemble avant que nos routes ne se séparent. On a passé de belles années l'un avec l'autre. Je pense que si aujourd'hui je commence à tourner la page c'est parce que je n'ai pas de regrets. La vie de couple ne m'a pas rendu amère, soumise ou plus fragile.

J'ai eu la chance de vivre avec un garçon qui me respectait, soutenait mes projets, me rembarrait quand j'en avais besoin, prenait soin de moi quand j'en avais aussi besoin. J'ai pas eu à me remettre d'années d'indifférence ou d'humiliation.

Il m'a laissé dans l'état dans lequel il m'a trouvé à 17 ans, en un peu plus grandie et un peu moins utopiste.



Je vous promets qu'en écrivant cet article je suis passée par tous les stades décrits au premier paragraphe. Là je le termine en mode optimiste de la vie, no pain no gain, alea jacta est, holà que tal (cherchez l'erreur).

Mais si demain je vous écris un article au bord du suicide ne vous inquiétez pas. On se soigne.

15 septembre 2016

Just do it

Fig 1. Jack is so cool
Avant j'étais vraiment du genre à tout intellectualiser. J'essayais de rationaliser la moindre de mes émotions, de ses réactions, de nos conversations.

Après la rupture j'ai vraiment fait un reboot cérébral comme je vous en parlais ici les premiers jours. J'ai du réapprendre à marcher sans lui, à tenir des conversations de plus de trois phrases, à me retenir de pleurer devant mes collègues et mes patients, à m'orienter dans une grande surface, à écrire des messages censés.

J'ai finalement retrouvé la quasi totalité des mes capacités cognitives avant de retomber dans le cucu de mes 14 ans. En ce moment je dois gérer une bipolarité plus complexe que celle des débuts. Beaucoup plus agréable également. Des dilemmes du style : je fais trois cartons pour avancer dans mon déménagement ou je vais discuter de la crise grecque au jardin du Luxembourg? J'envoie un smiley qui rougit ou avec des petits coeurs ? Je termine cet article ou je rejoins ma copine à la défense ?

Depuis hier, je retrouve mes vieilles habitudes et j'essaye de mettre des mots sur ce que je ressens. De faire la part de cucu, de projection, de réalité et de sentiments dans tout ça. Bien entendu j'en suis profondément incapable parce que tout est si nouveau pour moi. Alors j'ai décidé de faire des cartons au lieu de continuer à emmêler les six neurones qui gèrent plus ou moins ma vie en ce moment.

Fig 2. Illustration de merde #4564
Puis j'ai entendu une chanson. Quand elle s'est terminée je me suis rendue compte que je souriais bêtement depuis 3 min 30. Je me suis dit que j'étais tellement heureuse qu'il fallait que j'écrive un article. Puis j'ai réalisé que j'avais rendez-vous avec ma copine dans 1h. Et je me suis dit "oh et puis mince ce ne sera que le 156ème article qui se termine sur un pied de nez!"

4 septembre 2016

Home sweet home

Fig 1. Désolée du manque d'articles en ces temps obscurs!
Comme toutes les personnes qui frôlent la bipolarité (alternant des périodes d'hyperactivité compulsives et d'autres d'hibernation intense) mon appartement est un élément central de ma vie.

Je lui accorde une place tellement sentimentale qu'il m'est déjà arrivé de pleurer une baignoire ou une porte d'entrée peinte en bleu après un déménagement.

Depuis que j'ai quitté la maison familiale, j'ai vécu successivement dans une chambre d'un foyer de bonnes sœurs (sadiques bien sûr, pour accentuer le côté tragique de la chose), dans une collocation avec une copine, dans une collocation avec mon ex et son colloc' (deuxième erreur tragique), dans une petite maison coquette (mais désuète) et finalement dans cet appartement bourgeois d'un quartier populaire de Paris (#gentifrication).

Après trois années d'expériences professionnelles plus ou moins instructives (j'ai testé pour vous le patron psycho, la trithérapie anti VIH et une version édulcorée du burn out), j'ai décidé de quitter les portes de Paris pour m'installer au cœur des Yvelines. Certes, je dois être la seule personne en dessous de 30 ans qui a plus de vie sociale sur Saint Germain en Laye que sur Paname. Mais j'ai surtout craqué pour la facilité du cadre de vie, qui permet à une vieille comme moi de rentrer crevée du boulot passé 20h et d'avoir toutes les commodités possibles et inimaginables à moins de 5 minutes à pied.

Fig 2. Le dilemme de ma vie
J'adore Paris et je continuerai d'y passer le weekend, mais honnêtement quand on bosse en semaine on quitte rarement son arrondissement.

Alors c'est chouette quand on a son copain ou une bande pote pas loin, mais quand on a personne de proche à cinq arrondissement à la ronde, ben on est seul.

Et quand on a vécu 9 ans et demi en couple, la solitude, on l'aime bien mais avec parcimonie quoi (c'est pourquoi on garde le chat).


Bref, je quitte sans regret un quartier que j'aime énormément pour repartir à zéro dans un nouveau cocon. Ce sera le premier vraiment à mon image, sans compromis à faire sinon avec mon chat. Je n'ai pas eu l'espace extérieur et la baignoire que je fantasmais, mais j'ai la chance d'avoir la place suffisante pour ranger mon bordel, mes projets et mes rêves.



Fig 3. Plan en 3D de l'appartement


Vendredi prochain, j'aurais les clés de mon bonheur en main. Et c'est un duplex (#dansedelajoieeeee).

25 août 2016

Si six scies scient six cyprès, six cent six scies scient..?

Fig 1. Moment de régression passagère 


1, 2, 3, j'ai quitté chez moi,
4, 5, 6 je rentre à Paris


(oui pour la rime on prononce Pariss', comme le Comte dans Roméo et Juliette CQFD)


J-3 avant le retour à la réalité et à la grisaille parisienne (comment ça il fait beau ?). Mais avant ça, voici le bilan de cette sixième semaine.

Globalement, cette semaine a été l'une des plus compliquées depuis le début, mais paradoxalement je pense que c'est celle qui m'a fait le plus avancer. C'est marrant parce qu'à chaque fois que ça va mieux j'ai vraiment l'impression que je vais plus jamais replonger, alors que l'expérience des dernières semaines m'a prouvé le contraire mainte et mainte fois (et plouf!).

Fig 2. Y'a pas que moi qui ait pris un plat cet été #JO2016

Mon cerveau doit être vraiment borné, je crois qu'il est aujourd'hui du niveau de celui d'un gamin de 5 ans : vous voyez les grosses crises au supermarché pour un paquet de dragibus qui durent 2 heures et se répètent toutes les semaines même s'il a intégré le fait que les bonbons c'était no way...? Voilà.

Il a donc fallu ces derniers jours accepter que j'avais (légèrement...) brûlé ou du moins sous-estimé certaines étapes dans le processus de deuil de la relation, et donc revenir un peu en arrière pour pouvoir vraiment avancer. Comme je l'expliquais ici, j'ai vraiment eu un déclic en écoutant l'émifion sur le chagrin d'amour, et je conseille à toute personne en pleine rupture de prendre le temps de s'y intéresser deux minutes.

Cette semaine est donc celle où j'ai commencé à lâcher prise et à réaliser que ça allait prendre du temps avant de digérer ces neufs dernières années. Pas dans le sens où je regrette quoi que ce soit, mais plutôt qu'il allait falloir faire une croix sur des centaines d'habitudes et en fait quelque part réapprendre à vivre sans lui (même si je crie au monde entier que je suis une fille in-dé-pen-dan-te depuis des années).

Fig 3. Allez c'est parti on y croit.
En vérité je crois que je n'avais pas réalisé l'ampleur du phénomène, même si tout le monde me répétait depuis six semaines que quand même 9 ans et demi ça s'oublie pas comme ça (à part si on s'appelle Kate Winslett et qu'on joue dans Eternel Sunshine of the Spotless Mind... #spoiler).

Aujourd'hui j'ai conscience du chemin qu'il me reste à parcourir. J'ai laissé toutes mes rancœurs et mon ressentiment sur le bord de la route, ils étaient de toutes façons trop lourds à trimbaler.

Je ne compte pas reprendre ma vie là où je l'avais laissée mais tracer un nouvel itinéraire différent, et me laisser guider uniquement par mes propres désirs et intuitions.



Bonne route à tous <3



24 août 2016

Lâcher prise.

Fig 1. Pour bien commencer la journée

Je crois que le plus difficile dans l'après rupture, c'est justement de lâcher prise (mais je vous avais déjà spoilé dès le titre de mon article). Et c'est dur pour plusieurs raisons.

Déjà, à partir de quand peut-on (vraiment) lâcher prise ? Personne n'aime souffrir, personne n'aime rester triste des semaines entières. On a envie d'aller mieux, de reprendre le cours normal de notre vie là où on l'avait laissé quelques jours plus tôt. Il ne faut pas confondre le "lâcher prise" (désolée mais je vais répéter cette expression 150 fois dans l'article, c'est lourd, mais je n'ai pas trouvé de synonyme) avec le fait de passer à autre chose trop tôt en occultant volontairement son chagrin.

Le premier conseil que je peux vous donner (vu que je ne l'ai absolument pas appliqué), c'est d'accepter la rupture. Les jours qui ont suivi notre séparation, je répétais à qui voulait l'entendre que pour le moment, je reprenais ma vie en main, dans l'optique de me remettre avec lui dans un ou deux ans (le temps que sa crise d'ado lui passe), et que d'ici là de toutes façons j'aurais forcément fini par l'oublier et que du coup si on se remettait finalement pas ensemble ce serait pas si grave.

En faisant ça je voulais simplement atténuer ma peine, repousser l'échéance le plus loin possible jusqu'à ce que la tristesse disparaisse d'elle même (comme par magie, la vie est trop bien faite !). Même si cet espoir m'a aidé à tenir les premières semaines, ça n'a fait que retarder mon travail de deuil de la relation. Et c'est d'autant plus dur de revenir en arrière, de reprendre toute cette tristesse à la base quand on est persuadé de commencer à aller mieux.

Fig 2. "Alors ça y'est c'est le grand jour, tu t'en vas" - Cali

Si je vous dis tout ça, c'est que pour pouvoir lâcher prise, il faut d'abord intégrer le fait que la rupture est définitive et qu'on n'a pas d'emprise dessus (surtout quand on se fait plaquer en fait... dans l'autre situation, ben je sais pas trop... le dernier copain que j'ai plaqué c'était par sms et j'avais 16 ans #uneautrevie). C'est le deuxième paramètre à intégrer. Pour une control-freak comme moi, c'est très dur également.

Comme je vous le disais ici, j'ai peur des regrets. Ce n'était pas envisageable d'accepter cette rupture sans lui avoir dit tout ce que j'avais sur le cœur. J'ai eu la même démarche avec l'amie avec laquelle j'avais rompu également ce 14 juillet dernier (j'en parlais là si tu te souviens), et qui m'a finalement recontactée, plus de 7 semaines après mon message de mise au point (elle n'était pas à un jour près visiblement). En lisant sa réponse j'ai compris qu'elle n'était ni prête à se remettre en question, ni à faire d'efforts, mais avant de couper court j'ai eu besoin de lui renvoyer un dernier message pour lui expliquer mon ressenti par rapport à tout ça (et une fois que c'est fait elle peut bien se torcher avec ou le relire tous les soirs en pleurant, ce n'est plus mon problème).

Pour certains, écrire des lettres sans réponse sur des brouillons (et les brûler à minuit un soir de pleine lune) suffira, mais moi j'aime que tout soit clair pour tout le monde et que tout un chacun soit au courant de ce que j'ai au fond du crâne (ahhh vous comprenez mieux l'idée du blog maintenant!). Une fois que l'on est clair avec soi-même (et avec l'autre si besoin), que l'on a mis de l'ordre dans ses idées, que l'on a accepté le caractère définitif de la chose, on peut commencer à lâcher prise et à passer à autre chose.

Fig 3. La meuf qui a pas trop regardé les JO du tout
J'ai l'impression que pour moi, cette digestion se fait progressivement, morceau par morceau. J'ai commencé par lâcher prise sur le déménagement, à accepter l'idée qu'on allait rendre ce super appartement et quitter ce super quartier (un bon gros steak de lâcher prise quoi!).

Deux jours après, de retour sur Toulouse où on a vécu 6 ans, j'ai du lâcher prise sur le fait qu'on irait plus jamais à la piscine découverte en couple, ça paraît tout con quand on vient de digérer un gros changement de s'accrocher à des détails comme ça, mais c'est tout sauf anecdotique.

Sur le moment, ayant ce pincement au coeur en voyant l'eau turquoise dans laquelle on avait du se baigner 3 ou 4 fois tout au plus, je me suis dis que c'était un énième retour en arrière, qu'en fait je n'étais toujours pas passée à autre chose. Avec le recul, c'était juste un paramètre que je n'avais pas encore intégré (ni digéré du coup), simplement parce que je n'y avais pas encore pensé (ben oui quand tu viens de te faire larguer le premier truc que tu te dis c'est pas "oh ben merde je pourrais plus le couler à la piscine en m'accrochant sur lui comme un gros boulet pendant qu'il essaye de battre son record de crawl").

Fig 4. Oui j'ai juste tapé résilience sur google image
J'ai donc commencé à lâcher prise le weekend dernier, après 5 semaines de séparation. J'aurais peut être pu le faire plus tôt si je m'y étais prise autrement, peut être que c'était pile le temps qu'il me fallait, maintenant j'ai compris que c'était un processus qui allait prendre du temps, de l'énergie, et des heures de musique revigorante mais qu'à la fin cette rupture serait complètement derrière moi.

Ah ben ça y'est j'ai trouvé un synonyme.

La résilience.



21 août 2016

Step by step

Hier soir pour m'endormir après une journée compliquée j'ai écouté l'émifion sur le chagrin d'amour et ça m'a beaucoup aidé à comprendre ce que je traversais. Déjà ça m'a fait du bien de voir que je n'étais ni la seule schizophrène, ni le seul boulet qui s'incruste chez ses amis pour pas rester seul.

Fig 1. Je suis une gentille patate


Ensuite j'ai réalisé que se remettre d'une rupture, c'était plus compliqué que simplement décider d'aller mieux et d'écrire des articles tous les jours pour s'en persuader. Qu'il y avait toute une série d'étapes, plus ou moins rigolotes à passer avant de finir par accepter la situation et de passer à autre chose. Je me suis rendue compte qu'il ne suffisait pas d'un mois pour se remettre d'une histoire de neuf ans, et que la route était encore longue.

Fig 2. La gamine ultra flippante
Alors j'ai fait un peu de ménage hier soir. J'ai supprimé toutes ses photos sur facebook et instagram (bon.. ok... je les ai sauvegardé avant... mais j'ai toujours du mal à me débarrasser des vieux souvenirs ça n'est pas spécifique à monsieur mon ex!). Je me suis désinscrite du site de rencontre sur lequel je m'amusais à tchater depuis quelques jours (et ce, sur conseil d'un mec inscrit sur ce même site, la vie est drôle parfois ^^).

Et j'ai ghosté le covoitureur de l'autre jour qui me harcelait littéralement de messages pour aller boire un verre/faire un tennis/partir en rando/aller au spa/improviser un weekend sur Bordeaux (ok, je sais, c'est mal, mais j'ai jamais prétendu être une gentille personne!).


Donc voilà, maintenant je vais m'autoriser à aller mal. A regarder des séries tout l'aprem dans mon lit parce que la vie est une pute (et que y'a que des mecs pour inventer des expressions aussi misogynes et que notre société patriarcale elle pue du cul). A manger des schroumpfs à 3h du mat en regardant des sports incompréhensibles (sérieux ? qui peut être doué à la fois en escrime et en équitation à part Dartagnan ?) et en gueulant sur ces arbitres à la con (naaaan mais la chanson du programme de GRS était beaucoup mieux que celle de la russe, ça méritait au moins un 8).

Fig 3. Autoportrait de profil en mouvement
Je vais arrêter de lui en vouloir d'avoir gâché mon été/mes vacances/notre dixième année/ma vie. Je vais arrêter de trouver des excuses à son comportement de chaton. Je vais arrêter de me dire qu'on est faits pour être ensemble et qu'on finira forcément par se retrouver dans quelques années.

Je vais simplement continuer à vivre, à avancer comme on me l'a appris c'est à dire un pied devant l'autre, pas après pas, jusqu'à ce que mes petits petons se fassent à leur nouvelle pointure et que les ampoules cicatrisent complètement..

(Et voilà comment terminer un article au pied levé avec une métaphore du meilleur goût !).

6 août 2016

La jeune fille et l'amour

Je ne me suis pas encore étendue sur les raisons de notre rupture. En y repensant, rien que ce mot, "rupture", illustre parfaitement la cassure du quotidien, des habitudes et de la relation amoureuse que l'on ressent quand on se fait quitter. Une "séparation", ça parait moins brutal, moins définitif, ça n'exclue pas forcément l'opportunité d'une réunion ultérieure. Après une rupture, c'est plus compliqué, on parle de "recoller" les morceaux, c'est bien qu'au fond quelque chose s'est brisé et qu'on en gardera toujours la trace quelque part.

Je ne suis ni devin ni omnisciente, j'ai des intuitions et des désirs comme tout le monde mais je n'ai pas la prétention d'être dans le vrai. Ce que je sais, c'est que cette rupture, il en avait besoin, elle était devenue irrémédiable pour lui, et quitte à choisir je préfère qu'il ait eu l'audace de me quitter aujourd'hui plutôt que dans deux, cinq ou dix ans.

Plus on avançait dans notre relation et plus les années passaient, plus j'avais cette petite voix qui me disait qu'on était trop bien trop tôt. Qu'on avait zappé toutes ces années de légèreté et d'insouciance, de flirt sans prises de tête et d'histoire sans lendemains , qu'on ne s'était jamais souciés uniquement de notre propre pomme et qu'on avait finalement créé ce "nous" avant de nous connaître nous-même.

On a grandi ensemble chacun de notre côté, c'est peut être ce qui nous a sauvé si longtemps. Nos opinions se sont affirmées, nos goûts se sont affinés sans jamais que l'un n'essaye d'écraser l'autre avec ses gros sabots ou son entêtement. Comme dans tous les ménages on a eu des débats plus enflammés que d'autres, quelques grosses doses de mauvaise foi, de rares insultes, mais finalement nos évolutions n'ont jamais été en contradictions avec celles de notre couple.

Ce serait mentir ou faire preuve de trop d'orgueil que de nier totalement l'influence qu'il a pu avoir dans mes cheminements personnels et professionnels, mais je dois reconnaître qu'il a toujours eu à cœur de me pousser à rester indépendante, et de s'assurer que les décisions que je prenais étaient avant tout en fonction de moi et non de lui ou de mes parents. La presqu'adulte à peu près équilibrée et à peu près heureuse dans sa vie lui doit quand même plus que ce que sa fibre féministe ne voudrait l'admettre.

Alors bien sûr que cet article transpire la bienveillance et l'idéalisation de notre relation fanée, mais je suis tombée amoureuse de lui la première fois l'année de mes quatorze ans, je ne vais pas renier la moitié de ma vie parce que l'institution du couple a eu raison du mien. Bien sûr que je l'aime et que je le garderai toujours dans mon coeur, parce qu'il a accompagné tous les grands chamboulements de ma vie jusqu'à aujourd'hui dans le respect et la tendresse. (Et bien sûr que mes copines vont me tomber dessus à grand coup de "Eh tu te calmes Leah avec tes articles là!!" dès que j'aurais posté ces considérations en-amourachées)

Depuis que je l'ai rencontré ce premier jour de sixième, j'ai eu l'impression de l'avoir perdu à jamais une dizaine de foi. Les sentiments adolescents sont magnifiques dans leur spontanéité et leur intensité mal maîtrisés. Aujourd'hui, c'est peut être réellement le cas ou peut être pas, personne ne peut prétendre connaître la réponse, pas même lui ou moi.

Souvent quand je repensais à nos souvenirs du collège ou du début du lycée, j'avais l'impression qu'il s'agissait d'une autre personne. C'était à la fois évident que c'était lui, et complètement inconcevable tellement il avait changé ne serait-ce que physiquement mais surtout dans son caractère, sa façon de raisonner et d'envisager sa vie. Je vivais avec le souvenir parfois nostalgique du premier lui que j'avais aimé maladroitement et la présence rassurante de son lui presqu'adulte aussi dans une sorte (déjà!) de schizophrénie heureuse et légère.

Aujourd'hui je crois que je vais devoir gérer avec un troisième artefact de lui, ce lui froid et distant d'après la rupture, ce lui qui me refuse désormais toute intimité alors qu'il ne m'avait jusqu'à présent jamais fermé la porte au nez. J'espère simplement qu'une fois la rupture consumée, qu'une fois qu'il aura complètement retrouvé la liberté si chère à ses yeux, qu'une fois qu'on aura compris comment vivre l'un sans l'autre, on parviendra à garder un lien, à poser les bases d'une nouvelle relation quelle qu'en soit sa nature.

2 août 2016

Le départ (en vacances)

Fig 1. Illustration de qualité
Voilà, j'ai quitté notre appartement pour rejoindre mes parents chez mon frère sur Vienne. J'attends patiemment que le panneau d'affichage se décide à m'indiquer sur quel fauteuil près de quelle porte je dois asseoir mon royal fessier. Et pour parfaire le cliché, je suis entrain de manger un sandwitch triangle qui doit être de qualité très supérieure étant donné qu'il m'a coûté environ deux bras et un rein.

Jusqu'à 10 minutes avant mon départ de l'appartement, je réalisais pas ce que ce "départ" impliquait. Puis j'ai essuyé trois verres et plié une serviette et je me suis dit que punaise, c'était une des dernières fois que je mettais mon appart au propre. Que quand je reviendrai dans 4 semaines, il serait à moitié vide des affaires de monsieur (bon ok, plutôt au quart vide vu la bordélique accumulatrice de trucs que je suis!) et qu'il faudrait commencer à faire les cartons, poser le préavis de départ, trouver un nouvel appart, résilier edf et internet (et patati et patata toute la journée ça n'arrête pas on connait le refrain...).

Comme vous le savez si vous avez lu mon blog depuis le début, je traverse une sévère phase de schizophrénie au point où mes copines ne savent plus si je rigole ou si je pleure quand je les appelle de bon matin. Ce soir, dans le terminal 3 de l'aéroport, je dois gérer Leah l'énervée, Leah dépressive et Leah l'optismiste, autant vous dire que pour partager le siège de la compagnie low cost à trois ça va pas être de la tarte !

Leah l'énervée en veut (mais tellement!!!!) à monsieur l'ex de lui gâcher ses vacances, elle qui se faisait une joie à l'idée d'avoir enfin de vraies vacances (comprendre, qui durent plus de deux semaines), elle qui se faisait une joie à l'idée de quitter son boulot, elle qui se faisait une joie à l'idée de valider la première année de son diplôme, elle qui se fait plus aucune joie de rien tellement sa vie est devenue compliquée !

Leah la dépressive est à la limite de reprendre le RER dans l'autre sens pour rentrer chez elle et le supplier de revenir, qu'elle sera prête à se faire des jolies boucles tous les jours, qu'elle l'embêtera plus quand il oubliera les clés dans la serrure, qu'elle saura lui prouver que le couple ça peut être trop bien en fait et que l'amour ça triomphe de toutes les bêtises non ?

Et Leah l'optimiste qui a bien du mal à faire entendre sa voix tellement la furax gueule comme un putois et la malheureuse mouche comme un canard (oui il faut m'entendre me moucher pour le croire! Mes parents ont pas pris l'option discrétion à la naissance). Qui essaye de dire aux deux autres avec sa petite voix que quand même, on a pas le droit d'être triste quand on part en vacances, pas le droit de s'énerver quand on a autant de gens qui prennent soin de nous au quotidien, et que flûte de zut la vie ne s'arrête pas à un garçon et qu'on peut pas se proclamer féministe à longueur de journée et être dépendante à ce point d'un mec !

Je les laisse débattre encore un peu en finissant ma bouteille d'eau à 18€ puis faudra bien qu'elles se décident, parce que y'aura pas la place pour 15 personnes dans cet avion...

Fig 2. On est plusieurs dans ma tête

21 juillet 2016

De l'art de la schizophrénie



Quand on avait 14 ans, l'adresse mail de mon (futur puis maintenant ex) copain, c'était "cauchemar-schizophrène@blabla.com". Avec une faute d'orthographe à cauchemar, ou schizophrène, je sais plus trop, mais il s'en était rendu compte et ça l'emmerdait profondément de pas pouvoir la corriger (surtout qu'à l'époque il se prenait déjà pour un poète alors forcément ça la fout mal). Je sais pas si y'a des voyants ou des mentalistes qui arrivent à prédire l'avenir en se basant sur des adresses mail, mais le cauchemar schizophrène, je suis en plein dedans.

Je vous ai déjà expliqué ici puis là  que depuis que mon mec s'est barré en emportant avec lui ses habits, ses bouquins et mon cerveau, j'essaye de composer avec les quelques grammes de matière grise qu'il me reste. En fait, je pense que devant la violence du choc émotionnel, mon cerveau a tout simplement fait un "reboot" (comme mon ordi ici c'est fou ! Je commence à devenir vachement douée dans le placement de liens vers mon blog), une "remise à zéro" pour les non-geek-non-anglophones. Aujourd'hui, je dois avoir les capacités cognitives d'un enfant dans sa première année de vie.

Prenons l'exemple de mon filleul de 10 mois pour illustrer mes propos :
- Il joue avec une balle = il est heureux
- Il joue avec sa marraine qui fait des bruits bizarres et une balle = c'est le plus beau jour de sa vie
- La balle est hors de portée = il est motivé et commence à ramper victorieusement
- La balle est (toujours) hors de portée = il s'énerve et fait du surplace
- La balle est (vraiment) hors de portée = sa vie est foutue la balle ne reviendra jamais
- Sa marraine lui renvoie sa balle = ah tiens une balle ! c'est chouette ce jeu !
En l'espace d'une minute quarante secondes il est passé par une multitude d'émotions avec une sincérité déconcertante.

Moi aussi, dans la même heure, je passe par des dizaines d'émotions contradictoires. Ce qui est fou, c'est que comme mon filleul, je vis VRAIMENT les trucs. Genre pendant un moment je me dis que c'est un cauchemar dont je me réveillerai jamais, un cauchemar, un cauchemar, un cauchemar (au cas où vous n'auriez pas compris la première fois!). Puis je passe à autre chose, je cuisine fais réchauffer un plat surgelé ou mate une série, et en y repensant je me dis que ma vie est plus simple comme ça, que ça me permet de me recentrer sur moi même et qu'il ne faut pas que j'ai de rancœur. Puis je vais aux toilettes ou prendre une douche et je me dis que c'est quand même un beau connard/un pauvre type/ qu'il me soûûûûûle. Puis je me couche et il me manque.

Fig 2. "Avant j'étais schizophrene ! Maintenant nous allons mieux!
(oui ça passe mieux sur un mug et en allemand !)
J'ai eu l'impression d'avoir passé le gros de la crise des dizaines de fois. Quand tout va bien, j'ai 8000 arguments qui résonnent dans ma tête et me persuadent de faire les bons choix. Quand tout va mal, plus aucun de ces raisonnements ne fait sens, et j'arrive à en trouver le double pour me convaincre que je fais tout mal depuis le début et qu'il faut absolument que je lui écrive/je l'appelle/lui cuisine des pancakes/chante une sérénade sous sa fenêtre.

La seule leçon que j'ai apprise durant ces six derniers jours, c'est de ne faire confiance ni à mon ego dépressif, ni à mon ego hyper positif.


J'essaye de gérer la cohabitation entre ces deux du mieux possible, en espérant qu'ils arriveront à s'entendre un jour et que mon cerveau recommencera (enfin!) à émettre des messages cohérents.

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